5 choses à savoir sur la fraise


On la croque nature, on la retrouve dans les desserts et elle annonce souvent le retour des beaux jours. Pourtant, derrière son apparente simplicité, la fraise est un fruit plein de particularités et une culture qui demande beaucoup de précision.
Entre ses petits « faux fruits » à la surface, la protection biologique intégrée, la culture sous serre et le travail minutieux nécessaire à sa récolte, découvrez 5 infos pour mieux comprendre ce qui se cache derrière une barquette de fraises.
La fraise est un faux-fruit… et un fruit très particulier

La fraise est un fruit un peu trompeur quand on regarde sa structure. En botanique, ce qu'on appelle "fruit" n'est pas exactement la partie rouge que l'on mange.
En réalité, la partie rouge et charnue, c'est juste le support qui a gonflé après la floraison. Le vrai fruit, lui, se trouve ailleurs : ce sont les akènes, ces petits grains jaunes qu'on voit à la surface de la fraise. Une fraise en compte en moyenne entre 150 et 200, et chacun d'eux est en réalité un fruit à part entière, contenant une graine.
C'est d'ailleurs la seule situation dans le règne végétal où la graine se retrouvent à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur : d'habitude, les graines ou les noyaux sont protégées à l'intérieur du fruit (comme les pépins dans une pomme), alors qu'ici, elles sont exposées à la surface.
Donc une seule fraise, ce n'est pas un seul fruit… mais des dizaines de petits fruits regroupés sur une même base !
Les méthodes de production de la fraise

La fraise peut être cultivée selon deux grands modes de production : en plein champ, à l'air libre, ou sous serre, dans un environnement protégé et contrôlé. Aujourd'hui, c'est la culture sous serre qui est la plus répandue (60% de la surface utilisée), car elle permet d'allonger la période de production et de mieux protéger les plants des aléas climatiques.
La fraise est une culture très technique et fragile, la serre assure de meilleurs rendements aux producteurs et donc un meilleur rapport qualité prix au consommateur.
Lorsque la serre est chauffée, c'est-à-dire dans 20% des cas selon l’Ademe, elle est chauffée la plupart du temps le matin et en début de saison. À cette période, les écarts de température entre le matin et l'après-midi peuvent être très importants, ce qui fragilise les plants. Chauffer les serres tôt permet donc de limiter ce choc thermique et d'assurer une croissance régulière.
Face à l'enjeu environnemental, les producteurs développent aujourd'hui des méthodes de chauffage plus vertes, notamment grâce au principe de cogénération : un même système produit à la fois de l'électricité d’un côté et de la chaleur pour la serre de l’autre à partir d'une seule source d'énergie, souvent du gaz. Cela permet donc de générer de l'électricité tout en chauffant les serres et de maximiser l’utilisation du gaz.
La fraise et la protection biologique intégrée

Pour minimiser l’utilisation des produits phytosanitaires, les producteurs mettent en place de la protection biologique intégrée. Concrètement, ça veut dire qu'ils introduisent des prédateurs naturels pour réguler les ravageurs. Ça peut être par exemple des coccinelles qui vont venir lutter contre les pucerons en les mangeant. Ces prédateurs aident donc à lutter contre les ravageurs. maximiser les bonnes conditions pour la production de la fraise.
Autre exemple, les producteurs vont travailler avec des bourdons ou des abeilles pour favoriser la pollinisation. Vous le savez, c’est une étape essentielle pour que la fleur se transforme en fruit. Deux solutions s'offrent à eux : faire des partenariats avec des apiculteurs qui viennent installer des ruches ou commander des ruches en cartons pleine de bourdons par exemple qu’il vont ensuite installer dans les serres.
Ces solutions sont d’autant plus efficaces lorsqu’elles sont déployées sous serre, ce qui implique un espace fermé. Les serres permettent aux producteurs de mieux maîtriser leur écosystème et de créer des conditions favorables au développement du fraisier !
La fraise est un fruit très gourmand en main-d’œuvre

La production de fraises demande énormément de travail humain. La récolte se fait presque toujours à la main, car le fruit est trop fragile pour être mécanisé sans l’abîmer.
Mais ce n’est pas la seule étape : il faut aussi planter, entretenir les rangs, surveiller les maladies, gérer l’arrosage et renouveler régulièrement les plants.
Je l’ai dit, c’est une culture très technique qui demande un vrai savoir-faire et beaucoup de main-d’oeuvre,en particulier au moment de la récolte, qui s'étend de mai à septembre en plein champ, avec un pic entre mai et juillet. Sous serre en revanche, la production peut démarrer plus tôt, dès février, et s'étaler sur une période plus longue. Dans les deux cas, en pleine saison, les équipes doivent passer dans les champs très régulièrement pour cueillir les fruits à maturité, parfois tous les 2 à 3 jours.
La fraise est un fruit très sensible à la pression

La fraise est l’un des fruits les plus délicats à transporter. Sa structure très riche en eau et sa peau fine la rendent extrêmement sensible aux chocs et à l’écrasement.
C’est pour cette raison qu’elle est souvent conditionnée dans de petits contenants rigides et manipulée avec beaucoup de précaution tout au long de la chaîne logistique. Cela demande donc un véritable savoir-faire de l’ensemble des acteurs.
Cette fragilité explique aussi pourquoi une fraise abîmée peut rapidement entraîner la détérioration des autres fruits dans la barquette.
Conclusion
Fragile, gourmande en main-d’œuvre et particulièrement technique à produire, la fraise demande donc bien plus de travail qu’il n’y paraît. Derrière chaque barquette se cachent des producteurs, des savoir-faire et tout un écosystème d’alliés naturels qui permettent de protéger les cultures et d’obtenir des fruits de qualité. 🍓
Et si vous avez envie de découvrir d’autres infos étonnantes sur les produits que l’on retrouve dans nos assiettes et sur le monde agricole, rendez-vous dans les prochains épisodes de Delivachoo !




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